Glossaire IBCT - IBCT France

Glossaire IBCT

Quelques  MOTS-CLES  &  CONCEPTS  DE  L’IBCT

Integrativ Behavioral Couple Therapy Jacobson, N., & Christensen, A., 1996

Modèle behavioriste radical
Approche Contextuelle Fonctionnelle
3ème vague des
Thérapies Cognitives et comportementales

François Allard, 2011
http://www.francois-allard-tcc-psy.fr/

ACCEPTATION DE L’AUTRE.

(PROCESSUS THERAPEUTIQUE)

Accepter c’est prendre ou recevoir ce qui est offert, c’est approuver favorablement v/s se résigner ou se soumettre. En IBCT, changer ou accepter sont deux dimensions non-dichotomiques et naturelles au couple, on « génère un contexte ou acceptation et changement peuvent apparaître » (Jacobson & Christensen 1996, p 18).

L’acceptation dans le contexte d’une relation intime, se manifeste selon deux composantes.

Un, le conflit, véhicule de proximité !

Deux, cesser le combat face aux différences intolérables et incompatibles !

On l’opérationnalise aussi par la promotion de la tolérance en renforçant l’intimité.

Ensemble le couple prendra de la distance vis-à-vis de ses problèmes en les envisageant de l’extérieur, acceptant de les expérimenter, et de ne pas les « penser ».

  • Accepter, c’est ne plus essayer de remodeler le partenaire relativement à l’image idéalisée de ce qu’il devrait être. C’est donc une compétence émotionnelle des clients à apprécier et à s’allier avec l’autre, quelque soit son imperfection.
  • Accepter les différences de l’autre, ses qualités, ses ressources et ses défauts, c’est conjointement faire la part de ses frustrations et oser sans réticence éprouver du positif à son contact.
  • Accepter l’expérience des ressentis c’est cesser d’éviter l’aversif et être en paix avec les faits et avec l’autre, sans essayer d’expérimenter autre chose ou de contrôler ce qui pourrait « échapper », c’est se donner le pouvoir d’apprécier d’être en couple.

En Thérapie Intégrative de Couple.

L’acceptation n’est pas prêchée mais facilitée. Il n’y a pas d’idéologie ou de préconception à ce que les comportements de l’autre doivent ou ne doivent pas être acceptés ; il n’y a pas d’urgence à s’y engager, ou qu’elle soit meilleure que le changement. On accepte même la non-acceptation initiale des patients. L’acceptation fait aussi partie d’un contexte plus large, spirituel lié à la psychologie positive explicitement  intégrée en TCC. L’IBCT est semblable en cela à l’ACT ou à la TCD, la FAP… Mais à l’intérieur de la 3 eme vague, il s’agit ici d’un mode spécifique d’entrainement à l’acceptation (de l’autre, et de soi). C’est le contexte interactionnel qui la rend différente. L’Acceptation Dyadique englobe l’Acceptation de Soi

ACCOMODATION/COLLABORATION.

 Les capacités d’accommodation, de faire des compromis, de collaborer, sont perdues chez les couples en détresse. Ils vivent une perte d’engagement émotionnel, d’implication,  un abandon des buts convergeant. Il est difficile de concevoir un dispositif normatif immédiat avec des techniques inductrices formelles de collaboration, étayées sur des règles contraignantes. Ce changement gouverné par des règles, serait vécu comme forcé, il est voué à l’échec.

Chez ces couples en difficulté il y a peu de motivation ou de désir de renouveler spontanément l’alliance. En fait ce qui a été perdu, c’est l’acceptation qui conditionne le succès du couple et la collaboration. L’IBCT la désigne comme le chainon manquant des couples qui s’entendent. C’est dès 1986, que Jacobson et Chistensen (1996, p 11) ont « indépendamment l’un de l’autre estimé qu’une approche complète de la thérapie de couple  avait  besoin d’intégrer l’acceptation ». Cela conditionne la possibilité du processus de collaboration. Et sans désir de collaborer, une thérapie de couple est impossible. La manifestation de l’accommodation est d’ailleurs considérée comme un marqueur thérapeutique individuel initial.

Les procédures évaluative des premières séances permettent ainsi, de sonder le désir de collaboration. Ainsi les patients prêts à reconnaître leur contribution au problème, prouvent une capacité d’accommodation qui augure d’une capacité à faire des compromis. Le thérapeute ne pourra réellement engager le processus thérapeutique, que lorsqu’il pourra s’assurer de la création d’un climat de collaboration,

BUTS DU COUPLE. 

Les couples peuvent avoir des buts divergeant, une vision non-partagée ou opposée du mariage. Si on appliquait les exercices de communication traditionnels, ils  créeraient encore plus de distance émotionnelle qu’ils n’accoisseraient la proximité. Plutôt que la technique de résolution de conflit, le but de la Réunion Empathique est alors d’adoucir les ressentis de celui qui reçoit, par des reformulations émotionnelles ad hoc, pour amoindrir l’hyperréaction réaction émotionnelle et qu’il intègre le contexte interactif plutôt que de répondre par le combat Les deux membres du couple alternent les positions de celui qui exprime et celui qui écoute, et les buts deviennent un mutuel adoucissement des émotions et des expressions verbales. Leur attention peut glisser du thème de conflit sur lequel ils s’affrontent verbalement vers le processus de  polarisation ou ils se sont piégés. A ce moment, le travail d’acceptation des différences de l’autre est implicitement engagé. C’est une stratégie de changement indirecte par contournement qui opère à partir des buts divergeant. Les couples qui d’emblée se référent à buts convergeant n’ont pas besoin de re-parcourir l’acceptation de l’autre, ce  lien actif  existe chez eux peuvent, ils peuvent donc bénéficier plus facilement des techniques traditionnelles de changement direct des comportements négatifs.

CHANGEMENT CONTEXTUEL.

« On entend par là un changement dans l’histoire des apprentissages individuels et commun du couple » (Jacobson & Christensen 1996, p 130). Ils se produisent d’abord en séance. L’histoire des apprentissages liés aux différences de base et au déroulement temporel de la vie personnelle et à deux  n’est pas statique mais en changement permanent. Toutes les expériences nouvelles s’additionnent, rien n’est effacé. En changeant ces contextes, certaines expériences deviennent plus prégnantes que d’autres. L’entrainement à la tolérance est par exemple identique à une exposition. Il facilite la mémorisation d’une expérience différentes, modificatrice des réponses, mais ce n’est pas à vrai dire une expérience correctrice. C’est un changement de contexte d’expérimentation des stimuli, non-renforçateurs des évitements. Contrôlé par le thérapeute dans le sens d’un lâcher prise, ce glissement du sens est  reproductible, il permet un engagement renforçateur de l’expérience de l’acceptation. Chacun peut s’engager de manière authentique dans le changement délibéré de soi souhaitable pour l’autre sous l’influence de ces contextes de collaboration, et cela sans recourir au contenu d’un « décret contraignant » provenant de l’autre.

CONFLITS.

Ils peuvent être culturels, internes, économiques, familiaux, sexuels, de genre, de pouvoir, familiaux, parentaux, amoureux, liés aux similarités, et principalement aux différences en IBCT… Les conflits font donc partie de la vie, la première des différences prototypiques étant le genre. En IBCT, on les utilise stratégiquement en les redéfinissant comme véhicules de proximité du couple. On en a fait une typologie non restrictive. Ils sont naturels et inévitables, ils y a cinq grands thèmes de conflits. Beaucoup ont leurs origines dans le refus de changer. Les conflits destructeurs du couple, proviennent de l’expression incontrôlée des émotions négatives pour Fruzetti (2008). Ils constituent le cœur même du problème du couple, par le refus de changer ses objectifs et exigences. Or pour Christensen (1996), une des choses les plus certaines dans la vie, c’est qu’il est sûr qu’il y aura du changement. Le changement est inévitable, donc autant accepter de changer ! On va procéder à

1) Formulation thérapeutique initiale auprès du couple du thème central du conflit qui caractérise le couple

2) Formulation du processus de polarisation qui se manifeste à chaque fois que le conflit s’exprime

3) Formulation du piège mutuel qui correspond au blocage du au processus de polarisation.

CONSTRUCTION DE LA TOLERANCE.

(TECHNIQUE THERAPEUTIQUE ALTERNATIVE A L’ACCEPTATION).

Tolérer est un maitre mot de l’existence humaine. Accepter la souffrance n’est une évidence pour personne. Ici c’est le partenaire qui inflige la souffrance. La souffrance est un fruit interactif issu du croisement vénéneux des efforts frénétiques de changer l’autre, ou de le combattre. Donc rendre cette souffrance moins douloureuse en lui laissant toute sa place sans la contraindre à etre intolérable ni vouloir éviter de la ressentir (Lâcher-prise, Acceptation et Mindfulness) améliorera les chances de l’acceptation. Ici, la restauration de l’intimité n’est pas attendue.  Pour tolérer il faut que cesse le combat, l’autre est dans ce cas là « tolérable », à défaut d’être immédiatement acceptable. Le secret de  cette technique est donc de cesser de vouloir changer l’autre, ce qui inclut en séance de promouvoir des expériences de lâcher prise. Quant aux conflits, les changements contextuels s’organiseront sous forme d’exposition progressive. Quatre stratégies :

1) pointer le positif dans le négatif,

2) pratiquer les comportements négatifs en séance,

3) les répéter au domicile en les simulant, sous une forme décontaminée et préparée

4) prendre soin de soi.

Le but d’explorer et comprendre les impacts émotionnels réciproques, est moins élevé qu’avec les techniques d’acceptation. L’ambition de la Tolérance n’est pas celle de l’Acceptation.

DETACHEMENT UNIFIE.

(TECHNIQUE THERAPEUTIQUE D’ACCEPTATION).

Il se pratique toujours dans le but de promouvoir l’acceptation, de contrer les blâmes, de promouvoir l’empathie, la compassion. Cette deuxième technique d’acceptation, engage les partenaires dans une analyse intellectuelle du problème, à partir d’un point de vue détaché et descriptif. Détaché, parce qu’ils sont capables d’insight sur leur thèmes, lors de la description de séquences de leurs interactions destructrices typiques. Unifié, parce qu’ils comprennent leur responsabilité à deux, dans l’interconnexion des incidents, leur enchainement récurrent, et la continuité de ceux-ci avec le processus de polarisation. L’acceptation par le détachement unifié sous la forme d’une conversation, porte sur les événements passés, futurs, actuels, positifs ou négatifs. Le thérapeute ne recourt pas à une mise en évidence des émotions, ni à une focalisation sélective sur les blâmes et les dévoilements de soi. Il vise à contrario une discussion sur des séquences problématiques, sur les styles de conflit, leur déclenchement, leurs réactions réciproques. Le thérapeute n’évalue pas la valeur des comportements ou les niveaux de responsabilité.  Le problème n’est pas lui ou elle, toi ou moi, c’est un Il, c’est LE problème qu’ils ont en commun. Pour pouvoir critiquer leurs propres mises en acte de leurs patterns destructeurs, les couples peuvent utiliser la pleine conscience. C’est une technique de lâcher prise et de gestion émotionnelle, qui permet de dépassionner le débat, de changer les priorités de changement. « Posons le problème sur cette chaise et discutons en ! Mais chaque fois que vous référerez à lui, parlez en comme un IL, lui, ici, assis sur cette chaise ! » (Jacobson et Christensen 1996, p 123). Quand les couples cessent d’utiliser leur propres stratégies défaitistes de solutionner leur problème, il arrive qu’il le résolve sans coup férir. Les deux techniques d’acceptation, sont la plupart du temps mixées par le clinicien.

DISPUTES.

Dans la conversation thérapeutique, lorsque le couple relate un incident récent, le thérapeute va le débriefer. Il focalisera sur l’antériorité intentionnelle récente et les vraies explications situationnelles « non-fautives » de la dispute, chez chacun. De ces moments de re-contextualisation, peuvent émerger des raisons qui ont pu être laissées de coté ou délaissées parmi les causes de l’événement, au profit des accusations et critiques attributives de fautes. Le thérapeute promeut autant l’acceptation, qu’il aide le couple à apprendre à récupérer des conflits plus vite.  En mettant l’accent sur le ressenti émotionnel à ce moment là et sur le sentiment éprouvé exactement à l’instant en séance, il aide à comprendre ici et maintenant ce qui désamorce le processus de polarisation.

L’approche émotionnelle ne focalise plus sur les contenus des disputes mais sur leur contexte d’occurrence. On ne focalise plus non plus comme en Thérapie Comportementale Traditionnelles de Couple, sur la suppression directe des comportements négatifs.

On considère justement que c’est ce que le couple essaie de faire désespérément, ce qui est à l’origine de la détresse et des disputes.

ENGAGEMENT EMOTIONNEL.

Le couple s’engage-t’il ou évite-t’il les conflits ? La manière de s’engager dans le conflit étudiée par  Christensen (1987,) est prédictrice du succès de la thérapie dans le cadre de l’interaction approche /évitement. Selon le rôle du conflit, chez le couple, l’évitement (Heavey et coll  1995, Cotman, 1993) est un prédicteur d’instabilité plus que les critiques ou le mépris.

Il y a deux manière de s’engager dans le conflit comme démontré (Cordova,1995 ) :

* Une manière verbale plus agressive par les dévoilements de soi durs, en manifestant des émotions primaires, (Premières, positives ou sensibles)

* Une manière douce en utilisant le dévoilement de soi doux,  Le rôle de l’acceptation est d’adoucir le dévoilement de soi dans la communication émotionnelle qui permet à chacun d’exprimer ses émotions secondaire (Secondes ou masquées, négatives, dures) et de s’engager vis-à-vis de l’autre pour accéder à plus d’intimité.

INTERACTIONS COERCITIVES.

Le processus de coercition est premièrement décrit vers 1970 par Gerald Patterson (1975). C’est une partie des processus pathogènes, des interactions destructrices attaque/repli décrites par Christensen. « Un partenaire applique une stimulation aversive jusqu’à ce que l’autre «  réponde » (Jacobson & Christensen, 1996 p 30) Deux possibilités, renforcement négatif si l’autre se soumet (l’aversion cesse avec la soumission), renforcement positif si l’autre montre son aversion (échappe, répond..). L’un a appris la coercition, l’autre a appris la soumission. Comme il n y a pas une soumission à tous les coups, il ya un le renforcement intermittent qui accroit encore les niveaux de coercition. Elle est rarement d’un seul coté, et on va essayer de contrôler la coercition de l’autre.

On peut avoir trois patterns d’interaction conflictuelle selon Christensen,

1) Evitement mutuel de la confrontation, on enterre le conflit.

2) Interaction négative mutuelle, chacun s’engage dans des attaques aversives !

3) Attaque/replis, blâme, critiques, accusation, requête, l’autre fuit.

Avec toutes les variantes possibles, et des « bénéfices secondaires » ou directs, l’effet d’entrainement et des renforcements immédiat, différé ou aléatoire, génère une escalade à coup sûr dans le temps.

LANGAGE DE L’ACCEPTATION.

(Stratégie Thérapeutique et processus) Le rôle du langage est primordial en IBCT, relié à la TCR.  Il focalise sur les contextes émotionnels, plutôt que sur les contenus de pensée, rationnels ou pas (griefs, critiques..). Cela permet de re-parcourir expérientiellement le chemin inverse du processus verbal de polarisation et de l’aliénation, qui résultent eux mêmes des processus verbaux de stigmatisation du partenaire. Le thérapeute guide au niveau expressif la manière de parler du conflit. Il adoucit les expressions. Le psychothérapeute pratiquera, d’abord seul, les reformulations de ce que disent les partenaires. En effet, il apparait dans un premier temps, plus crédible que le partenaire dont il reformule le comportement. Il s’est aussi assuré d’une alliance thérapeutique avec chacun. Il adoucit les expressions, focalise sur ce que la personne ressent, plutôt que sur ce qu’elle dit de l’autre. L’IBCT est une psychothérapie verbale expérientielle active et interactive, plutot que liée ou fondée sur des consignes. (On y a toujours recours mais « sans  illusion » ou sans soucis de punition en cas de leur non-respect, l’exécution d’une consigne peut se faire de manière couverte implicite, non actée mais tout de même intégrée) De part son contexte interactif, du fait de la recherche de l’impact émotionnel optimal chez chacun, le rôle et le maniement du langage lié à l’expression émotionnelle, sont parfois plus primordiaux qu’en thérapie individuelle.

METAPHORES.

The skilled IBCT therapist uses the right metaphors, ones that are meaningful for the couple, to create vividness and greater understanding” (Jacobson & Christensen” 1996, p 101). Elles peuvent indifféremment porter sur les thèmes de conflit, les ressentis, les événements, l’histoire du couple. On doit faire attention au langage idiosyncrasique des partenaires plus qu’à utiliser un jargon scientifique. On devra aussi réutiliser les verbalisations métaphoriques du couple. Par contre on n’utilisera pas les reformulations paradoxales ; parfois stigmatisantes leur destination est faussement suppressive des comportements négatifs. L’humour est considéré comme renforçateur des interventions du thérapeute. C’est un contrepoint qui dans le même temps les prends au sérieux et les encourage à dédramatiser leurs points de vue. Il permet un climat d’acceptation

PARAPHRASAGE.

(TECHNIQUE DE REFORMULATION VERBALE)

Dans les techniques traditionnelles de communication, et de l’écoute active, on  démontrait sa compréhension en reflétant, synthétisant, résumant, renforçant, les propos de celui qui parle. En IBCT, on essaiera de valider le point de vue de l’autre, en comprenant les sentiments exprimés, leur sens et leur normalité, pour renforcer la personne. On accepte ses valeurs ! L’écoutant accepte  la validité pour l’autre, de son point de vue. Et celui qui parle, s’il se sent validé, et s’il fait l’expérience de l’impact de ce qu’il dit, sera moins blâmant, plus attentif verbalement à  son tour! Il s’agit autant de savoir communiquer que d’apprendre à rencontrer et laisser s’exprimer, les émotions et les valeurs de l’autre sans le fuir. Ainsi le changement vient en changeant, soit indirectement ! C’est aussi une des modalités de base du fonctionnement des reformulations du thérapeute, qui ajoute la compassion au non-jugement ontologique.

PIEGE MUTUEL.

C’est le résultat, parallèle, du processus de polarisation. Les couples qui sont capables de discuter et de définir le sens mutuel de leur enlisement, n’ont pas besoin de thérapie. Les partenaires piégés, l’expriment sans le savoir aux thérapeutes, nous sommes englués, je suis désespéré, je ne sais plus quoi faire ! Ils ont essayé toujours et encore, chacun de leur coté, leur solution pour changer l’autre, seule alternative à leurs yeux pour s’extraire de leur difficulté et obtenir ce à quoi ils estiment avoir droit, parfois pour sauver le partenaire. Il ya des sous-composant du piège,

1) le Trou de Crédibilité, chacun dans ses efforts devient non crédible et indigne de confiance aux yeux de l’autre (Credibility Hole, situation réciproque, l’autre est autant disqualifié et incredible). Il est impensable qu’il manifeste la moindre honnêteté.

2) le Champ de Mine, est une série de stimuli, déclencheurs de conflits, dissimulés dans tout le territoire commun du couple, allumant instantanément des disputes sous tous les prétextes « superficiels »  jugés simplement« occasionnels » bien éloignés de la véritable cause ( profondes) de la mésentente vraie et du contenu initial du conflit. C’est aussi relié au thème de leur conflit.

3) L’aliénation. Le désir hyper-réactif systématique de s’exclure du couple et la volonté d’exclure l’autre devenu un « ennemi ».( voire l’ ultrasolution, se débarrasser de l’autre pour se débarrasser du problème)

Lorsque le thérapeute leur décrit l’engrenage ou ils se sont mutuellement aliénés, ils ressentent, un soulagement d’être enfin compris, de la confusion devant l’inanité de ces démarches, et devant le partenaire dont il découvre en même temps la probité ou les tentatives bien intentionnées. Ca stoppe la détresse vers  laquelle il se dirigeait Avec ce soulagement, ils éprouvent l’empathie du thérapeute envers eux et l’intérêt de ses reformulations verbales de l’acceptation. La compréhension empathique que chacun éprouve pour l’autre à cet instant, entraine souvent un moment de silence assourdissant ou se déploient de multiples ressentis jusque là étouffés. C’est autant émouvant pour le thérapeute, qui sait alors que la thérapie vient vraiment de s’engager. Le sens donné au piège fait naitre supplémentairement la compassion pour soi et pour l’autre.

PROCESSUS EXPERIENTIEL.

Pour le patient, parler de sa propre expérience intérieure doit être recalé en permanence, tellement l’échappement dans la stigmatisation, la critique est une méthode propice au besoin de domination, ce pouvoir qui en apparence faciliterait le règlement des problèmes mais provoque des règlements de compte. On vise à faire relâcher le contrôle verbal et à rechercher par  « self soft disclosure »,  ce qui reflète la peine, le la peur, le désappointement, le doute, l’incertitude, la solitude…Ainsi on obtient un impact émotionnel très fort chez celui qui s’exprime, comme chez celui qui écoute. La prise de conscience des vécus émotionnels, communs ou de l’autre, assure la restauration de l’empathie. La considération de la vulnérabilité de l’autre, peut apparaître car les échanges cesseront d’être violents, ou accusateurs, (Hard Disclosure). C’est une approche fonctionnelle et non formelle.  Ainsi toute reformulation des termes d’un partenaire, non chargée de leurs modes accusateurs, de justifications défensives, dénuée de leurs composants accusateurs, sera bonne. Sans rechercher une méthode académique, le but sera de créer une atmosphère de sécurité et d’apaisement, ou tout ou presque, puisse se dire, s’expérimenter (Jacobson et Christensen, 1996). Exemple : en sortant du piège mutuel lors d’un moment d’expérience empathique mutuel, qui est notoire comme étape première du processus thérapeutique, sorte de désespoir créatif, chacun comprend et ressent ce que l’autre comprend et ressent, et en plus tous les deux ressentent et comprennent à cet instant que chacun est semblable  à ce que l’autre ressent et comprend de lui . 

PROCESSUS PATHOGENES.

On en désigne plusieurs, c’est non limitatif…

  1. Processus de focalisation sur les différences
  2. Processus de Polarisation (incompatibilité réciproque vécue)
  3. Processus d’Attribution des Responsabilités à l’autre
  4. Processus de Stigmatisation par des Blâmes,
  5. Processus de Coercition (voir plus haut)

*Vivre avec l’autre est un challenge apportant des frustrations. Le processus de polarisation correspond à une focalisation grandissante sur ses propres souffrances et son propre point de vue et à un rejet grandissant du point de vue de l’autre. Chacun accentue sa position, de par la tendance naturelle à la critique et à la réactance psychologique face aux critiques (opposition acteur/observateur). Il ya extrémisation des positions quand aux différences de l’autre, qui sont désormais intolérables, chacun se piège sur cet axe. Lorsque les difficultés commencent, chaque partenaire recherche une explication, puis veut établir les responsabilités. C’est très rapidement l’autre qui est désigné comme responsable du problème, puis devient même le problème. On s’engage dans le combat pour changer l’autre, puisqu’il manifeste des comportements incompatibles, et des différences inacceptables quant aux standards requis. Cette spirale s’envenime encore, lorsqu’un préjudice grave est établi. On peut alors blâmer l’autre et le stigmatiser. Tous ces processus pathogènes s’expriment et s’aggravent verbalement ; les niveaux de violence des comportements verbaux indiquent le degré de détresse du couple.

PROXIMITE.

Corollaire de l’asymétrie dans la relation, elle est la figure relationnelle qui conditionne la compatibilité des partenaires. Cette proximité est l’enjeu des différences dans le niveau d’intimité désirée par chacun. Ce thème est un classique qui traverse tous les couple. On pourrait situer chacun sur un axe qui irait de la dépendance à l’autre, à la peur de l’intimité. L’IBCT considère que « les différences à la fin de la thérapie sont naturelles et inévitable et peut être désirables » (Jacobson & Christensen 1996, p 43). La proximité provient alors de l’accord et du respect commun de la manière d’être ensemble, en étant émotionnellement proches. Elle conditionne la collaboration. L’intimité naitra du vécu commun de construire la relation autour du problème qui sépare, comme une nouvelle source de force et une opportunité d’être proche. Les  techniques d’acceptation utilisées pour le renforcement de l’intimité sont la Réunion Empathique et le Détachement Unifié autour du problème

REUNION EMPATHIQUE.

(TECHNIQUE THERAPEUTIQUE)

Les partenaires utilisent des labels pour désigner les défauts des partenaires et décrire leur inadéquation. Le partenaire ne fait pas que se comporter, il a les plus mauvaises raisons de se comporter. L’acceptation n’est pas « je t’accepte en dépit de ta folie, de ta malfaisance ou de tes tendance déviantes » (Jacobson et Christensen 1996 p 104). La tache est de promouvoir l’acceptation de l’autre sur un mode qui réunit les partenaires. La compréhension de l’autre comme si on était lui, de l’intérieur, mais en reconnaissant son altérité, vouloir connaître ce qu’il éprouve, se réapprend. Le langage de l’Acceptation utilisé par le seul thérapeute présente toute la problématique comme éminemment compréhensible et particulièrement naturelle, voir que les émotions éprouvées sont inévitables. On va souligner la souffrance et on minimisera les accusations. A mesure que le thérapeute utilise le Langage de l’Acceptation pour reformuler le problème et le comportement négatif visé, en le replaçant dans le contexte ainsi formulé. Il restaure l’empathie chez le couple, à la place de stigmatiser les comportements « négatifs et intolérables » de l’autre. Comme cela est le cas chez les deux partenaires, les contextes d’interactions et  leur souffrance commune, se prêtent au mieux à faire éprouver de l’empathie.

SELF CARE.

(TECHNIQUE THERAPEUTIQUE DE TOLERANCE ALTERNATIVE A L’ACCEPTATION)

Incapable de s’accommoder, le partenaire peut parfois ne pas vouloir satisfaire les besoins, ne pas se montrer soutenant… Il faudra alors augmenter les possibilités de  sauvegarde personnelle et d’auto-dépendance, lorsque les comportements de l’autre sont réellement intolérables. C’est important de développer cette habileté de protection de soi, chez chacun. Parce que si on prend soin de soi, on réagira moins aux comportements négatifs de l’autre, ce qui fera décroitre les échanges négatifs. On déclenchera moins souvent des niveaux réactionnels durs. En attente des vraies stratégies d’acceptation, cela peut permettre de cesser le combat et d’envisager des vrais changements sous une pression moindre. C’est une technique multi modale de tolérance, qui intègre diversement des moyens alternatifs de satisfaction des besoins. Il y a la mindfulness, le time out lors d’une escalade ou en cours de polarisation de la discussion, le soutien social, le partage émotionnel avec un tiers, la gestion du stress…On promeut cette méthode de Tolérance en séance. Désigner le comportement négatif déclencheur comme potentiellement reproductible, permet de s’y préparer.

François Allard, Aout 2012

 

DEFINITION  DES  MOTS CLES  ET  CONCEPTS  SUIVANT A VENIR  PROCHAINEMENT :

  • ALIENATION
  • COMPASSION
  • EMOTION PRIMAIRE / EMOTION SECONDAIRE
  • ENGAGEMENT
  • EVITEMENT / ACCEPTATION / CHANGEMENT
  • DEVOILEMENT DE SOI
  • LACHER PRISE
  • DEEP INCOMPATIBILITE
  • INTIMITE
  • METAPHORE D’ACCEPTATION ET DE CHANGEMENT
  • MINDFULNESS
  • PROBLEMATIQUE MOLAIRE/MOLECULAIRE
  • PROBLEME INITIAL/ CONTENU INITIAL DU CONFLIT
  • PROBLEME REACTIONNEL
  • PROCESSUS D’ACCEPTATION
  • SUR-REACTION EMOTIONNELLE